Pourquoi le stress au travail ne diminue pas… et comment agir vraiment
- 14 avr.
- 4 min de lecture
Malgré des politiques de prévention de plus en plus structurées, malgré une réglementation exigeante, malgré la multiplication des actions en entreprise…, le stress au travail ne recule pas. Ce constat interroge.
Il oblige à poser une hypothèse dérangeante : et si nous agissions majoritairement… au mauvais endroit ?

Une confusion majeure : stress et réalité du travail
Les modèles dominants du stress professionnel, comme ceux de Robert Karasek ou de Johannes Siegrist, ont permis des avancées majeures.
Ils identifient clairement trois facteurs externes :
• la charge de travail,
• le manque d’autonomie,
• le manque de reconnaissance.
Ces facteurs sont réels. Ils comptent. Mais ils reposent sur une hypothèse implicite rarement questionnée : le stress serait principalement une conséquence de la situation.
Or, du point de vue des neurosciences, cette hypothèse est incomplète.
Le stress : un produit du cerveau, pas de la situation
Dans l’Approche Neurocognitive et Comportementale (ANC), le stress n’est pas défini comme une pression extérieure. Le stress est une production interne.
Plus précisément, il émerge lorsque notre cerveau n’arrive pas à s’adapter de manière pertinente à une situation donnée.
Autrement dit, ce n’est pas la situation en elle-même qui est stressante. Ce qui nous stresse, c’est l’incapacité de notre cerveau à mobiliser le bon mode de fonctionnement face à cette situation.
Deux modes de fonctionnement… et deux visions de la réalité
L’Approche Neurocognitive et Comportementale distingue deux grands modes de gouvernance cérébrale, qui génèrent chacun une vision différente de la réalité :
🔴 Le mode automatique (ou pilote automatique)
centré sur les habitudes, les croyances, les réflexes,
dominé par la recherche de sécurité et d’économie d’énergie,
générateur de rigidités mentales.
👉 En mode automatique :
l’incertitude devient menaçante,
l’erreur devient inacceptable,
la charge devient écrasante.
🟢 Le mode adaptatif
mobilise le cortex préfrontal,
permet lucidité, flexibilité, discernement,
ouvre l’accès aux motivations intrinsèques.
👉 En mode adaptatif :
la complexité devient un défi
l’incertitude devient une occasion d’explorer la nouveauté
la contrainte devient arbitrable.
Le véritable amplificateur de stress : les rigidités mentales
Les données issues du terrain et de nos 2 études quantitatives menées à 10 ans d’intervalle (ESTIME 2011 et EFFET 2021) sont sans appel :
• ≈ 30 % du stress s’explique par des contraintes externes
• ≈ 70 % du stress s’explique par le traitement neurocognitif de ces contraintes
👉 Le stress est donc majoritairement déterminé par des facteurs internes.
Autrement dit, ce qui pèse le plus, ce ne sont pas les contraintes mais les rigidités avec lesquelles nous les traitons.
Les principales rigidités observées :
• vouloir tout contrôler dans un monde incertain
• refuser l’erreur
• rechercher une reconnaissance permanente
• viser un niveau d’exigence irréaliste
• ne pas tolérer les écarts à ses propres normes
👉 Ces mécanismes sont profondément humains, mais ils deviennent problématiques lorsqu’ils ne sont pas régulés.
Une illustration simple de ce phénomène
Prenons une situation classique : une forte charge de travail.
Elle devient stressante si elle est combinée avec des pensées automatiques comme “je dois y arriver quoi qu’il en coûte”, “je ne peux pas décevoir”, “je dois tout faire parfaitement”…
Ce n’est plus la charge qui pose problème, c’est l’interprétation rigide que le cerveau en fait.
À l’inverse, une posture adaptative permet de prioriser, renoncer lucidement, faire “au mieux” plutôt que “parfaitement”… Et dans ce cas, la même situation ne génère plus de stress durable.
Des solutions efficaces pour traiter le grand angle mort des politiques de prévention
Aujourd’hui, la majorité des actions en entreprise portent sur l’organisation, les processus, les conditions de travail.
Ces actions sont utiles. Mais elles ciblent principalement… les 30 %. Les 70 % restants, liés au fonctionnement du cerveau, sont largement ignorés.
Une autre lecture du stress : la logique transactionnelle
Les travaux de Richard Lazarus et Susan Folkman introduisent une idée clé :
👉 Le stress est une transaction entre un individu et une situation.
Ceci signifie que :
• d’une part, une même situation peut produire des réactions totalement différentes,
• et d’autre part, le facteur déterminant est l’évaluation cognitive et émotionnelle.
L’Approche Neurocognitive et Comportementale va plus loin : elle explique comment cette évaluation se construit dans le cerveau.
La vraie réponse au stress : développer l’Intelligence Adaptative
Réduire durablement le stress suppose de changer de paradigme : ne plus seulement agir sur l’environnement mais développer la capacité du cerveau à s’y adapter
C’est ce que l’Approche Neurocognitive et Comportementale appelle l’Intelligence Adaptative.
Développer cette Intelligence Adaptative permet de :
• sortir des automatismes rigides,
• réguler ses exigences internes,
• tolérer l’incertitude,
• mobiliser des motivations intrinsèques,
• retrouver du pouvoir d’action.
Pour conclure...
👉 Le stress n’est pas un problème à éliminer, c’est un signal : le signal que le cerveau est en difficulté d’adaptation.
Tant que nous traiterons uniquement les causes externes, nous n’agirons qu’à la marge.
Le véritable levier est ailleurs : dans notre capacité à transformer notre manière de percevoir, d’interpréter et d’agir.
C’est là que se joue la différence entre :
subir,
résister,
ou s’adapter intelligemment.
L’enjeu majeur pour les organisations consiste donc à former les collaborateurs et les managers à ces mécanismes, pour :
réduire le stress à la source,
améliorer la prise de décision,
fluidifier les relations,
renforcer la performance durable.
👉 Autrement dit, il s’agit de passer d’une logique de réduction des contraintes à une logique de développement des capacités humaines.
Si vous aussi, vous souhaitez :
comprendre vos propres mécanismes de stress,
identifier vos rigidités mentales,
développer votre Intelligence Adaptative,
et outiller concrètement vos équipes,
contactez notre équipe pour échanger, participez à une séance découverte de l’Approche Neurocognitive et Comportementale ou accédez gratuitement à notre webinar dédié à notre formation pour prévenir efficacement le stress au travail :
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